Malgré un diagnostic de maladie dégénérative depuis la petite enfance, Kellie Leroux possède un courage à toute épreuve. Sa recette ? « Garder intact mon cœur d’enfant et ma capacité de m’émerveiller », affirme la jeune femme de 24 ans. Bien que clouée à son fauteuil, ses rêves sont remplis d’eau cristalline, de verdure et de grands paysages. C’est d’ailleurs dans la nature qu’elle vit sa plus grande passion : la chasse !
Malgré qu’elle vive avec beaucoup de symptômes aggravants – perte musculaire, problèmes vasculaires, manque d’énergie – Kellie garde le cap. « Je me concentre sur les petites joies du quotidien et je tente de vivre dans le moment présent. »
Mature et inspirante, la jeune femme est persuadée que les plus grandes joies résident dans les petits détails. « Comme quand je regarde un film avec mon père, qu’on mange du popcorn, et que ça fait longtemps que j’en ai pas mangé. »
Son père, André, veille sur elle. Remplie de gratitude, Kellie a pris position en faveur des proches aidants en écrivant une lettre à l’Assemblée nationale pour une meilleure reconnaissance de leur travail. La jeune fille n’a pas raté sa cible puisqu’elle s’est retrouvée à la une de La Tribune (le quotidien de Sherbrooke, où elle habite) et au petit écran de Radio-Canada.
CHASSOMANIAK
Participante à l’émission télé Chassomaniak, Kellie a pu immortaliser sa première récolte d’un cerf rouge. Un évènement qu’elle n’est pas près d’oublier !
La chasse aux p’tits bonheurs : bull’s eye !
Malgré un manque d’endurance, Kellie arrive, à sa façon, à vivre sa passion. Depuis quelques années, elle va au champ tir de l’Estrie pratiquer l’arbalète et se familiariser avec les armes à feu de façon supervisée. Avec son père, il lui arrive d’aller chasser le chevreuil sur le terrain.
Si André est en charge des « opérations », c’est Kellie elle-même qui met en joue. « L’équipement est lourd et fait travailler durement les épaules et le haut du corps. Malgré le défi de rester stable – j’ai un tripod pour ça – je suis fière d’y arriver. » Dans sa cache comme à la maison, elle aime fredonner ses chansons favorites, celles d’Adele et « Nothing else matters » de Metallica.
Ce que la chasse lui procure ? « J’aime passer du temps dans le bois, observer la nature, les couleurs, respirer l’air pur…je sais que si j’ai [de] la chance, je vais voir passer une chouette… ou le gibier que j’attends. » Elle chasse de façon éthique, consciente que si la population de chevreuils est trop élevée, il n’y aura pas de nourriture pour tout le monde. « Au final, peu importe ce qu’on mange, il y a toujours une vie qui a été enlevée. »
Tatouée GIOIA
Depuis 10 ans, Kellie participe aux activités de GIOIA. « À mon arrivée, je n’allais pas très bien. Dès le début, je me suis sentie acceptée. Je n’avais pas besoin d’essayer de rentrer dans un moule, on comprenait ma réalité. »
Ce qu’elle aime de ces évènements ? « Le contact humain. Quand quelqu’un vient s’assoir près de moi pour échanger durant des heures. C’est parfois léger, souvent profond, j’adore ça. »
Il y a six ans, Kellie s’est fait tatouer une rose sur le bras avec le mot GIOIA. « Pour moi, ça veut dire que j’ai la force de traverser les épreuves et que je ne suis pas seule. » Preuve que malgré les épines, une fleur reste une fleur, avec tout le réconfort qui vient avec.
Notre rédactrice
Depuis plus de 15 ans, Diane Laberge a signé des centaines d’articles et autant de reportages pour de nombreux magazines québécois spécialisés en tourisme, culture et art de vivre. Sa spécialité ? Les portraits de beaux humains. On la remercie de prêter sa plume sensible aux Enfants Gioia. – www.dianelaberge.com
